Il était
près de 21h lorsque l’on put voir des phares poindrent
au bout de la rue, Maëlle rentrait enfin chez elle
après une longue journée de travail au
« Black Coffee », petit pub de sa
bourgade.
Elle ralentit à
l’approche de sa maison et fit tourner le véhicule
afin de le garer sur son allée de béton. Après
avoir coupé la radio ainsi que les phares, elle coupa le
moteur.
Elle mit les pieds hors
de sa voiture et frissonna au contact de l’air glacé
qui soufflait en ce mois septembre. Une fois la portière
refermée, elle se dirigea d’un pas pressé vers
sa modeste demeure tout en triturant son trousseau de clé
à la recherche du petit bout de métal qui lui
permettrait de rentrer se mettre au chaud. Elle
l’inséra dans la serrure et la fit tourner avec une
certaine difficulté. La porte émit un léger
grincement qui perturba le silence qui régnait à
l’intérieur. Il n’y avait personne pour
l’accueillir, ni mari, ni colocataire. Maëlle vivait
seule depuis la mort de ses parents. Même s’il
était déjà arrivé que des hommes
passent la nuit avec elle, ses relations ne duraient jamais assez
longtemps pour qu’ils daignent rester plus de quelques
jours.
C’est donc seule
qu’elle pénétra dans son hall
d’entrée, simple mais coloré. Elle
tâtonna à la recherche de l’interrupteur qui se
trouvait à sa gauche, près du bureau où
trônait son vieil ordinateur, et alluma.
Elle ôta rapidement sa veste qu’elle jeta
négligemment sur son porte-manteau, se trouvant en vis
à vis du bureau, et se dirigea vers sa cuisine, qui
n’était en fait que le prolongement de
l’entrée.
Arrivée devant son
frigo, elle en fouilla le contenu à la recherche d’un
de ces plats tout-préparés qu’elle achetait
à la supérette du coin. Visiblement, il ne lui
restait plus grand chose à se mettre sous la dent. A
défaut d’autre chose, elle ouvrit l’un de ses
placards et en sortit un boite de céréales au miel
qu’elle versa dans un bol et qu’elle accompagna
d’un bon verre de lait.
Une fois que son souper,
plus que léger, fut préparé, elle le posa sur
la table et s’assit en face de celui-ci.
Elle regarda le contenu
de son bol avec peu d’enthousiasme mais attrapa tout de
même sa cuillère et se mit à
manger.
Une vingtaine de minutes
plus tard, alors qu’il lui restait encore plus de la
moitié de ses céréales à avaler, elle
décida qu’elle avait assez mangé pour la
soirée et alla vider le contenu de son repas dans la
poubelle. Elle alla ensuite poser le récipient sur le
comptoir, à coté de l’évier. Elle le
laverait le lendemain. Tout ce qu’elle voulait pour
l’instant, c’était dormir. Sinon, pourquoi
aurait-elle autant insisté auprès de son patron pour
pouvoir rentrer un peu plus tôt ?
Elle partit
donc se changer dans la pièce attenante à sa cuisine,
sa chambre, où elle laissa choir ses vêtements au sol
avant de sortir un pyjama de sa penderie. Après quoi, elle
alla se coucher et s’endormit. Aux douze coups de minuit,
soit deux heures plus tard, elle commença à
s’agiter dans son sommeil, semblant lutter contre les affres
des pires cauchemars. Mais elle lutta en vain car après
quelques minutes, elle se redressa brusquement, le souffle court.
Ses yeux étaient à présent grand ouverts,
fouillant la pièce du regard à la recherche de la
moindre présence suspecte. Toute trace de sommeil avait
à présent disparu, laissant place à la
terreur. Inconsciemment, elle porta sa main à sa bouche et
tata ses dents d’un geste rapide. Bien qu’elle fut calmée,
Morphée n’était plus au rendez-vous et elle ne
semblait pas pressée de revenir lui tendre les
bras.